polakVraagstellerlid sinds 2012 · 2 berichten16 jan 2012 20:20
Je vaincrais la mer rouge
Pour vaincre la Baltique, j’ai du passer 11h sur une planche de kite. En février, je voudrais arriver à traverser, en une fois, la mer Rouge, l’Adriatique et ensuite la mer Méditerranée.
La semaine avant Noël, il l’a passé dans les Alpes françaises. L’hiver ce qui ressemble le plus au kitesurfing c’est faire du snowboard dans la poudreuse donc il a surfé quelques heures par jour. « Je pense battre la mer Rouge mi-février mais tout dépend de la force et de la direction du vent » dit Janek.
Les bons vents on ne peut les programmer. Il y a 6 mois, quand un polonais à planifier de vaincre la Baltique, il a changé plusieurs fois sa date de départ à cause des vents contraires mais il a réussi le 24 juillet 2011. Lisewski se lève le matin, met un Pampers, enfile la grosse combinaison et un gilet de sauvetage. Il emballe la radio, un GPS, une fusée d’alerte, un téléphone portable et un sondeur qui, en cas de problème, pourra indiquer sa position. Il rajoute 2 litres d’eau qu’il met sur son dos, 2 sacs Ikea et des tongues pour le retour. Il pompe son kite, saute sur sa planche et démarre vers le Nord, direction la côte suédoise. Il est dimanche, le polonais Janek Lisewski avance comme aucun autre kitesurfer au monde n’a fait avant lui – il se lance dans la mer sans aucune équipe de secours.
Il y a un quart de siècle
En 1986, Janek Lisewski avait 17 ans et finissait son brevet technique. Il habitait avec sa mère à côté de Gdansk, région maritime qui avait beaucoup d’importance pour lui.
Dans le port, il arrivait tous les jours des ferry de Suède, d’Allemagne et de Grande Bretagne et à leur bord arrivaient des bouts d’un monde meilleur qui créaient des rêves de jeunesse. En 1986, a commencé en Pologne une nouvelle augmentation du prix du pain, beurre, sucre et alcool. Aussi, Jan Lisewski rêvait d’une vie meilleur – une vie à l’étranger.
Avec Mirek, son ami, ils sont partis régulièrement en Allemagne de l’Est à partir du port de Rogalin. « Ce n’était pas facile ». Par dessus le portail du nouveau port, il y avait des tours avec des gardiens. Le port était surveillé et entouré de barbelés. Après les cours, Janek et Mirek partaient laver les vitres des voitures qui attendaient de rentrer dans les bateaux. Ils observaient les lieux et essayaient de devenir proches des chiens des gardiens en les nourrissant du reste de leur déjeuner.
Dans la nuit du 8 au 9 juillet ils ont mis des habits noirs et se sont enfuis de leur maison. Ils ont sauté au dessus d’un grillage et ont rampé en dessous d’un camion. Ils étaient désormais en dehors de la zone des contrôles des passeports et des billets et il suffisait d’attendre pour le prochain bateau.
12h après, un des chiens apprivoisé les a trouvé dans leur cachette. Il était tellement content de les voir qu’il ne voulait plus les quitter. Quand le gendarme, son arme à la main, les a porté au poste de police, leur bateau quittait le port. « Pour le bonheur, il ne nous a manqué qu’un quart d’heure mais l’échec ne nous a pas brisé » confirme Janek Lisewski.
Maintenant
La mer se déchaine. Lisewski navigue depuis son enfance : des yachts, des petits bateaux et de la planche à voile. En 2001, il est parti faire un entrainement linguistique aux Etats-Unis et a vu pour la première une planche de kite. Dès son premier regard, il est tombé amoureux de ce sport. Il n’avait les moyens ni pour les cours ni pour la planche mais, à son retour en Pologne, il a acheté une bonne planche d’occasion ainsi qu’un kite. Le problème était qu’il n’y avait personne pour lui enseigner. Sur le site internet kiteforum.pl il y n’avait que 29 personnes inscrites : il a donc appris tout seul. Aujourd’hui, il participe à des compétitions, forme des débutants et produit des planches. Il passe sur ces planches la moitié de l’année, en rajoutant à ça la glisse en hiver que personne avant lui n’avait essayé. Il surfe même quand la température est en dessous de 0 quoique dans ses circonstances la durée de surf dépend du niveau de congélation de ses doigts – à -5°, il peut rester 1h, maximum 1h30.
Pour traverser la mer Baltique, il devait rester 11h sur une planche. « Il y avait pire » dit-il après être sorti de l’eau. « Notamment il y a 24 ans à Zaglebu Siadowym ».
Il y a 24 ans
L’essai de la traversée clandestine n’a pas attiré de conséquences graves. Le procureur a abandonné en précisant que si, d’ici la fin de l’année 1987, Lisewski essaye de nouveau, l’affaire serait traitée à nouveau. Qu’en pensaient-ils de ça : ils planifiaient déjà leur prochaine évasion.
A la mi-janvier Jan et Mirek n’étaient déjà plus en Pologne. Ils étaient cachés dans un bateau conteneur en direction de l’Angleterre. Ils sont montés sur le bateau la nuit, une semaine après le nouvel an, et à la fin de leur période probatoire du procureur. Ils se sont cachés dans la coque du bateau ; dans un espace tellement petit, que même l’équipage ne savait pas qu’un endroit pareil exister sur leur bateau. En tout, ils ont passé 9 jours et 9 nuits dans les ténèbres totales où la température était près de 0°C. En rentrant sur le bateau, ils ont mouillé leurs chaussures qui ne pouvaient pas séchés tout au long du voyage. A la fin, ils ne sentaient plus leur doigt de pied. La gel était tellement important que plusieurs temps après, ils ne pouvaient toujours pas marcher. La nuit, ils restaient recroquevillés dans le bateau et sortaient un peu sur le ponton du bateau pour s’étirer. Lors de leur embarquement ils avaient pris du pain, de l’eau, des vitamines et une seule conserve. Quand le 18 janvier le bateau à accoster en Angleterre dans le port de Runorca, ils n’avaient plus rien à manger. Ils étaient épuisés. « Rien d’aussi horrible ne nous est arrivé ni avant ni après » – dit Jan Lisewski.
Maintenant
Quand il surfe sur sa planche en direction de la Suède, il se rappelle des jours mémorables sur le bateau de l’Angleterre. Ca lui redonne du courage. Peut être que grâce à ca, quand il entend des signales d’alertes de tempête, il n’abandonne pas : il diminue la superficie de son kite et continue son chemin.
Généralement un kite surfeur surfe 3 à 4 h en changeant régulièrement de bord ce qui lui permet d’alléger une fois sa jambe gauche puis la droite. Il y avait Ceratin qui réalisait des défis importants – il traversait des golfs, d’autres surfés le long de la côte des centaines de km. Il y avait aussi d’autres personnes qui faisaient des traverser du Maroc en Espagne ou d’Irlande en Angleterre - mais ils étaient toujours entourés d’une équipe de sauvetage. Liseswski à traverser la mer Baltik entre Swinoujscie et Ystad seul, sans équipe de sauvetage. Quand il a une crampe à la jambe pendant 3 h, il s’habitue à la douleur et prie pour que la crampe n’atteigne pas la cuisse. Quand il perd la planche (en tout, une dizaine de fois), il se couche dans l’eau et attend tranquillement qu’elle la rattrape. Il profite de ce temps pour se reposer car avec un vent aussi fort, le maintien du kite est très physique. Si le kite plonge dans l’eau, c’est la fin du voyage, la fin de son rêve. Son kite n’est jamais tombé à l’eau.
Lisewski traverse seul 207 km et au bout de 10 h et 43 minute, il atteint la cote Suédoise. Avant lui personne n’a accompli un tel exploit. « C’est comme escalader une montagne sans oxygène et être le pionnier » lui a félicité un internaute. Lisewski est épuisé mais heureux, de même qu’en 1988.
Il y a 24 ans
Quand ils ont quitté le bateau en Angleterre, ils ne ressemblaient à rien. Sales, ils avançaient avec leurs pieds congelés. Ils sont arrivé dans une gare et se sont rendus à la Police locale. Au cours de l’interrogatoire, ils ont demandé l’asile. Ils étaient persuadés d’avoir quasiment atteint leur rêve. Ils y croyaient même quand ils ont atterri en prison à Risdley. Ils y sont restés 3 semaines. Le consul de l’état polonais leurs a rendu visite. Il essayait de les convaincre de revenir en Pologne en leur promettant que leur fuite n’aurait pas de conséquence mais les deux voyageurs restaient fermes sur leur demande d’asile.
Entre Varsovie et Londres une correspondance était entretenue. Le Gouvernement Polonais présentait Jan et Mirek comme des récidivistes et insistait pour qu’ils les remettent au plus vite à l’aéroport de Heathrow. Après 3 semaines, ils y sont arrivés. Les Anglais préféraient avoir de bonnes relations avec Varsovie qu’avec deux jeunes hommes.
Ils sont revenus en Pologne menottés et sous escorte. A l’aéroport de Varsovie, 50 soldats armés les attendaient. A Londres il faisait 15°C, tout le monde était en veste, et au bout de 2 h ils ont atterri à Varsovie où la température tournée autour de 0°C. Les soldats étaient habillés de fourrures. « Je pensais qu’ils nous enverraient en Sibérie » se rappelle Lisewski.
Ca s’est terminé en condamnation. Lisewski en a eu pour 9 mois et Mirek 1 an. En Août 1988 ils étaient à nouveau libres. La police a commencé une opération sous le nom de « MALOLATA 2 », qui avait pour but « de suivre en permanence les condamnés afin de voir s’ils comptaient à nouveau s’enfuire ». Dans une des déclarations du 21 septembre le dirigeant de l’opération dit « pour cause de menace frontalière, que représentent les deux figurants après leur sortie de prison, j’ai recommandé à mon équipe de prendre connaissance de leurs contacts. Pour tous les indices pouvant justifier d’un plan de fugue, je demande à être informé personnellement et immédiatement.
Dans les archives, plusieurs rapports ont été gardés. Le dernier date du 20 décembre 1988. L’officier y informe de la clôture de l’opération. Les temps ont changé et on pouvait sentir un air de liberté. « Ce n’était plus la peine de fuir » explique Lisewski.
Dans le futur
Après quelques heures sur la planche, le cerveau se remet à zéro, les problèmes disparaissent ou changent d’importance : les choses impossibles deviennent possibles.
Quand le 24 juillet Lisewski est rentré dans le port de Ysad, en Suède, avec son sac Ikea et pied nu (il a perdu ses claquettes dans la mer) il croise un groupe de motards polonais qui ne voulait pas croire comment il s’était retrouvé à Ystad. Il ne leur a pas dévoilé ses plans futurs. « Je veux vaincre une autre mer qu’on puisse traverser comme un escaladeur atteint les sommets de montagne. Je souhaite parcourir toutes les mers » dit Lisewski.
En premier lieu, il s’attaque en février à la mer rouge. Il sait qu’il partira de la plage de El Gouna et si tout se passe bien, après 200 km, il arrivera sur les plages d’Arabie Saoudite à Dubu. Sur une planche un peu modifié et de nouveau sans équipe assurant sa sécurité. Après il y aura l’Adriatique et la mer Méditerranée, puis d’autres.
Pour vaincre la Baltique, j’ai du passer 11h sur une planche de kite. En février, je voudrais arriver à traverser, en une fois, la mer Rouge, l’Adriatique et ensuite la mer Méditerranée.
La semaine avant Noël, il l’a passé dans les Alpes françaises. L’hiver ce qui ressemble le plus au kitesurfing c’est faire du snowboard dans la poudreuse donc il a surfé quelques heures par jour. « Je pense battre la mer Rouge mi-février mais tout dépend de la force et de la direction du vent » dit Janek.
Les bons vents on ne peut les programmer. Il y a 6 mois, quand un polonais à planifier de vaincre la Baltique, il a changé plusieurs fois sa date de départ à cause des vents contraires mais il a réussi le 24 juillet 2011. Lisewski se lève le matin, met un Pampers, enfile la grosse combinaison et un gilet de sauvetage. Il emballe la radio, un GPS, une fusée d’alerte, un téléphone portable et un sondeur qui, en cas de problème, pourra indiquer sa position. Il rajoute 2 litres d’eau qu’il met sur son dos, 2 sacs Ikea et des tongues pour le retour. Il pompe son kite, saute sur sa planche et démarre vers le Nord, direction la côte suédoise. Il est dimanche, le polonais Janek Lisewski avance comme aucun autre kitesurfer au monde n’a fait avant lui – il se lance dans la mer sans aucune équipe de secours.
Il y a un quart de siècle
En 1986, Janek Lisewski avait 17 ans et finissait son brevet technique. Il habitait avec sa mère à côté de Gdansk, région maritime qui avait beaucoup d’importance pour lui.
Dans le port, il arrivait tous les jours des ferry de Suède, d’Allemagne et de Grande Bretagne et à leur bord arrivaient des bouts d’un monde meilleur qui créaient des rêves de jeunesse. En 1986, a commencé en Pologne une nouvelle augmentation du prix du pain, beurre, sucre et alcool. Aussi, Jan Lisewski rêvait d’une vie meilleur – une vie à l’étranger.
Avec Mirek, son ami, ils sont partis régulièrement en Allemagne de l’Est à partir du port de Rogalin. « Ce n’était pas facile ». Par dessus le portail du nouveau port, il y avait des tours avec des gardiens. Le port était surveillé et entouré de barbelés. Après les cours, Janek et Mirek partaient laver les vitres des voitures qui attendaient de rentrer dans les bateaux. Ils observaient les lieux et essayaient de devenir proches des chiens des gardiens en les nourrissant du reste de leur déjeuner.
Dans la nuit du 8 au 9 juillet ils ont mis des habits noirs et se sont enfuis de leur maison. Ils ont sauté au dessus d’un grillage et ont rampé en dessous d’un camion. Ils étaient désormais en dehors de la zone des contrôles des passeports et des billets et il suffisait d’attendre pour le prochain bateau.
12h après, un des chiens apprivoisé les a trouvé dans leur cachette. Il était tellement content de les voir qu’il ne voulait plus les quitter. Quand le gendarme, son arme à la main, les a porté au poste de police, leur bateau quittait le port. « Pour le bonheur, il ne nous a manqué qu’un quart d’heure mais l’échec ne nous a pas brisé » confirme Janek Lisewski.
Maintenant
La mer se déchaine. Lisewski navigue depuis son enfance : des yachts, des petits bateaux et de la planche à voile. En 2001, il est parti faire un entrainement linguistique aux Etats-Unis et a vu pour la première une planche de kite. Dès son premier regard, il est tombé amoureux de ce sport. Il n’avait les moyens ni pour les cours ni pour la planche mais, à son retour en Pologne, il a acheté une bonne planche d’occasion ainsi qu’un kite. Le problème était qu’il n’y avait personne pour lui enseigner. Sur le site internet kiteforum.pl il y n’avait que 29 personnes inscrites : il a donc appris tout seul. Aujourd’hui, il participe à des compétitions, forme des débutants et produit des planches. Il passe sur ces planches la moitié de l’année, en rajoutant à ça la glisse en hiver que personne avant lui n’avait essayé. Il surfe même quand la température est en dessous de 0 quoique dans ses circonstances la durée de surf dépend du niveau de congélation de ses doigts – à -5°, il peut rester 1h, maximum 1h30.
Pour traverser la mer Baltique, il devait rester 11h sur une planche. « Il y avait pire » dit-il après être sorti de l’eau. « Notamment il y a 24 ans à Zaglebu Siadowym ».
Il y a 24 ans
L’essai de la traversée clandestine n’a pas attiré de conséquences graves. Le procureur a abandonné en précisant que si, d’ici la fin de l’année 1987, Lisewski essaye de nouveau, l’affaire serait traitée à nouveau. Qu’en pensaient-ils de ça : ils planifiaient déjà leur prochaine évasion.
A la mi-janvier Jan et Mirek n’étaient déjà plus en Pologne. Ils étaient cachés dans un bateau conteneur en direction de l’Angleterre. Ils sont montés sur le bateau la nuit, une semaine après le nouvel an, et à la fin de leur période probatoire du procureur. Ils se sont cachés dans la coque du bateau ; dans un espace tellement petit, que même l’équipage ne savait pas qu’un endroit pareil exister sur leur bateau. En tout, ils ont passé 9 jours et 9 nuits dans les ténèbres totales où la température était près de 0°C. En rentrant sur le bateau, ils ont mouillé leurs chaussures qui ne pouvaient pas séchés tout au long du voyage. A la fin, ils ne sentaient plus leur doigt de pied. La gel était tellement important que plusieurs temps après, ils ne pouvaient toujours pas marcher. La nuit, ils restaient recroquevillés dans le bateau et sortaient un peu sur le ponton du bateau pour s’étirer. Lors de leur embarquement ils avaient pris du pain, de l’eau, des vitamines et une seule conserve. Quand le 18 janvier le bateau à accoster en Angleterre dans le port de Runorca, ils n’avaient plus rien à manger. Ils étaient épuisés. « Rien d’aussi horrible ne nous est arrivé ni avant ni après » – dit Jan Lisewski.
Maintenant
Quand il surfe sur sa planche en direction de la Suède, il se rappelle des jours mémorables sur le bateau de l’Angleterre. Ca lui redonne du courage. Peut être que grâce à ca, quand il entend des signales d’alertes de tempête, il n’abandonne pas : il diminue la superficie de son kite et continue son chemin.
Généralement un kite surfeur surfe 3 à 4 h en changeant régulièrement de bord ce qui lui permet d’alléger une fois sa jambe gauche puis la droite. Il y avait Ceratin qui réalisait des défis importants – il traversait des golfs, d’autres surfés le long de la côte des centaines de km. Il y avait aussi d’autres personnes qui faisaient des traverser du Maroc en Espagne ou d’Irlande en Angleterre - mais ils étaient toujours entourés d’une équipe de sauvetage. Liseswski à traverser la mer Baltik entre Swinoujscie et Ystad seul, sans équipe de sauvetage. Quand il a une crampe à la jambe pendant 3 h, il s’habitue à la douleur et prie pour que la crampe n’atteigne pas la cuisse. Quand il perd la planche (en tout, une dizaine de fois), il se couche dans l’eau et attend tranquillement qu’elle la rattrape. Il profite de ce temps pour se reposer car avec un vent aussi fort, le maintien du kite est très physique. Si le kite plonge dans l’eau, c’est la fin du voyage, la fin de son rêve. Son kite n’est jamais tombé à l’eau.
Lisewski traverse seul 207 km et au bout de 10 h et 43 minute, il atteint la cote Suédoise. Avant lui personne n’a accompli un tel exploit. « C’est comme escalader une montagne sans oxygène et être le pionnier » lui a félicité un internaute. Lisewski est épuisé mais heureux, de même qu’en 1988.
Il y a 24 ans
Quand ils ont quitté le bateau en Angleterre, ils ne ressemblaient à rien. Sales, ils avançaient avec leurs pieds congelés. Ils sont arrivé dans une gare et se sont rendus à la Police locale. Au cours de l’interrogatoire, ils ont demandé l’asile. Ils étaient persuadés d’avoir quasiment atteint leur rêve. Ils y croyaient même quand ils ont atterri en prison à Risdley. Ils y sont restés 3 semaines. Le consul de l’état polonais leurs a rendu visite. Il essayait de les convaincre de revenir en Pologne en leur promettant que leur fuite n’aurait pas de conséquence mais les deux voyageurs restaient fermes sur leur demande d’asile.
Entre Varsovie et Londres une correspondance était entretenue. Le Gouvernement Polonais présentait Jan et Mirek comme des récidivistes et insistait pour qu’ils les remettent au plus vite à l’aéroport de Heathrow. Après 3 semaines, ils y sont arrivés. Les Anglais préféraient avoir de bonnes relations avec Varsovie qu’avec deux jeunes hommes.
Ils sont revenus en Pologne menottés et sous escorte. A l’aéroport de Varsovie, 50 soldats armés les attendaient. A Londres il faisait 15°C, tout le monde était en veste, et au bout de 2 h ils ont atterri à Varsovie où la température tournée autour de 0°C. Les soldats étaient habillés de fourrures. « Je pensais qu’ils nous enverraient en Sibérie » se rappelle Lisewski.
Ca s’est terminé en condamnation. Lisewski en a eu pour 9 mois et Mirek 1 an. En Août 1988 ils étaient à nouveau libres. La police a commencé une opération sous le nom de « MALOLATA 2 », qui avait pour but « de suivre en permanence les condamnés afin de voir s’ils comptaient à nouveau s’enfuire ». Dans une des déclarations du 21 septembre le dirigeant de l’opération dit « pour cause de menace frontalière, que représentent les deux figurants après leur sortie de prison, j’ai recommandé à mon équipe de prendre connaissance de leurs contacts. Pour tous les indices pouvant justifier d’un plan de fugue, je demande à être informé personnellement et immédiatement.
Dans les archives, plusieurs rapports ont été gardés. Le dernier date du 20 décembre 1988. L’officier y informe de la clôture de l’opération. Les temps ont changé et on pouvait sentir un air de liberté. « Ce n’était plus la peine de fuir » explique Lisewski.
Dans le futur
Après quelques heures sur la planche, le cerveau se remet à zéro, les problèmes disparaissent ou changent d’importance : les choses impossibles deviennent possibles.
Quand le 24 juillet Lisewski est rentré dans le port de Ysad, en Suède, avec son sac Ikea et pied nu (il a perdu ses claquettes dans la mer) il croise un groupe de motards polonais qui ne voulait pas croire comment il s’était retrouvé à Ystad. Il ne leur a pas dévoilé ses plans futurs. « Je veux vaincre une autre mer qu’on puisse traverser comme un escaladeur atteint les sommets de montagne. Je souhaite parcourir toutes les mers » dit Lisewski.
En premier lieu, il s’attaque en février à la mer rouge. Il sait qu’il partira de la plage de El Gouna et si tout se passe bien, après 200 km, il arrivera sur les plages d’Arabie Saoudite à Dubu. Sur une planche un peu modifié et de nouveau sans équipe assurant sa sécurité. Après il y aura l’Adriatique et la mer Méditerranée, puis d’autres.




